29 juin 2012

Oiseaux de nuit : The Lemming Ways et Ariel

Les oiseaux de nuit sont, comme leur nom l’indique, des volatiles nocturnes. C’est-à-dire que leur vie active commence à la tombée de la nuit. Si vous êtes un oiseau de jour pour subvenir à vos besoins, mais que vous fréquentez les oiseaux de nuit, alors vous êtes comme moi, devant un énorme café et vos 73 courriels du matin, à observer d’un œil hagard la tête de Rufus Wainwright coincé entre Pauline Marois et Barak Obama à la Une du Devoir et vous n’en menez pas large pour écrire votre article sur le concert de la veille. The Lemming Ways et Ariel, soyez indulgents, mon quota de sommeil ressemble au pourcentage d'intention de votes pour QS : peu d’heures mais beaucoup de vérités !

The Lemming Ways
On vas-tu arrêter d’en parler dans les bulles ? Non ! Parce que quand on a un coup de cœur, on ne compte pas. Même si l’heure du début du show était tardive, le Divan Orange n’était que peu rempli quand les premières notes fusèrent. C’est donc devant une foule timide, avec un gros carré rouge sur le cœur, que Marc-Étienne Mongrain a distillé ses compositions avec conviction, sensibilité et subtilité. C’est assez fou de simplicité pour en paraître compliqué, et c’est sans doute pour cela que le trio fonctionne. Le son de The Lemming Ways a quelque chose… d’aquatique (comme le film de Wes Anderson Life Aquatic). Je sais qu’écrit comme ça, ça ne vous parle pas forcément, mais imaginez-vous un prophète de la mer, découvrant des trésors ensablés, allant parfois à contre courant ou au contraire se laissant porté par les marées, dans un bateau sous-marin avec Bowie dans le tapis… Ok, là j’entame mon deuxième litre de café, je suis peut-être un peu trop énervée, mais écoutez ça !

Ariel
Ça faisait un bout que je n’avais pas vu Ariel (bonne fête) en concert. À dire vrai, je crois que la dernière fois c’était pour la finale des Francouvertes. J’étais restée avec certains a priori en tête qui ont eu vite fait de déménager au vu du set proposé. Énergique, efficace et lascif. Je n’entame pas mon troisième litre de café, mais il me semble qu’il y a comme une tension (sexuelle) dans la proposition d’Ariel. Sans parler des déhanchés scéniques, on assiste à une musique dense, ténue, serrée, un si mince fil tendu comme un élastique qui claque pour renvoyer instantanément dans la face du monde une réalité toute nue. En pré-test pour cette soirée, de nouveaux titres à découvrir bientôt sur un nouvel opus. Je suis malheureusement partie avant la fin, avec le titre Mauve (clin d’œil à ma belle amie révolutionnaire, muse de cette chanson). Les oiseaux de jour n’ont d’autres choix que de se coucher comme cendrillon, dans les alentours de minuit, pour ne pas avoir la tête d’une citrouille au réveil.

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