14 mai 2013

Les Francouvertes : la finale

C’est désormais une tradition à la mi-mai de se rendre au Club Soda pour assister à la finale des Francouvertes. Cette année aura été riche de groupes émergents, de vraies découvertes ou de confirmations. Ce qui est sûr c’est que les trois groupes arrivés en finale étaient à la hauteur chacun dans leur registre. Après une pluie de prix, on a su enfin qui avait atteint la première place dans le cœur du public et celui du jury : sans surprise, ce sont les Hay Babies et leur néo-folk chiac qui ont remporté le gros chèque en carton de 10 000 dollars remis par SiriusXM, le  fidèle commanditaire des Francouvertes. Retour sur une soirée en crescendo !
Après un joli prélude proposé par les deux porte-parole de cette 17ème édition, Dany Placard et Louis-Jean Cormier (accompagnés par la douce voix d’Adèle Trottier-Rivard pour l’occasion), c’est au tour de Marcie de rentrer en piste. La dame en noir a le chic pour manier les mots, et sa présence enfantine et mutine est séduisante. Si la scène du Club Soda est à apprivoiser, elle arrive à la dompter après quelques minutes de chauffe. Voix magique sur arrangements toniques, la demi-heure file entre nos oreilles avec simplicité et bonheur. Le jury, quant à lui, semble bien stoïque, caractéristique gardée quasiment tout le long des prestations, peut-être une obscure consigne de se prendre très au sérieux et de ne pas applaudir les « concourants » ou une simple concentration sur leur feuille d’évaluation…
Le trio acadien Les Hay Babies arrive ensuite : pas de chichis pour Viviane, Catherine et Julie. C’est avec maîtrise et justesse qu’elles effectuent leur demi-heure de show bien rodé et ponctué de petites phrases et anecdotes souriantes (on notera la blague sur la fameuse Line Marois, seuls ceux présents seront capables de comprendre). C’est indéniable que ces filles ont du guts (Obsédée) tout autant que de la sensibilité (On ne reviendra plus en courant), et qu’elles jonglent avec les mots aussi facilement que leurs harmonies sont justes. On ne peut pas rester de glace face à toute cette énergie et la simplicité avec laquelle elle attrape le public. Si leur victoire était prévue, reste qu’elle est méritée.
Arrive (enfin) la gang du Sud Sale, les Dead Obies. Ovni multicolore et dymanité pour certains, les Dead Obies avaient ramené leurs fans au Club Soda, à observer les quelques quidams qui portaient fièrement les « armoiries » de leur groupe fétiche. On peut le dire, je capote littéralement sur Dead Obies en live : c’est un véritable divertissement, on en a plein les yeux et même si les oreilles sont menées à rude épreuve pour capter ne serait-ce que 10% du texte, le tout fonctionne. Parce qu’ils ont tous un excellent phrasé, chacun leur personnage, une mise en scène foutoir, et des chemises incroyables. À un moment donné, il faut lâcher prise et prendre une pomme pour une pomme et pas le symbole de la campagne politique de Chirac. Ce que je veux dire c’est qu’à chaque prestation les Dead Obies se justifient dans un discours plus ou moins logique de son utilisation de l’anglais dans ses textes. Tout ça reste de la musique de divertissement, pas une croisade pour un accommodement raisonnable de la loi 101.
C’est donc après un punk frénétique en pogo et une demi-mort sur scène que se termine les Francouvertes. Énormément de prix ont été remis, tous permettant aux heureux gagnants de se produire sous une forme ou une autre (prestation rémunérée, formation, heures de studio…). On attend donc la majorité des Francouvertes l’année prochaine avec impatience !

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