23 mai 2013

Folly and the Hunter au Cabaret du Mile End

Quand on est chroniqueuse musicale, on a quelques fois des moments de grâce. Dans le flot des concerts écumés, on trouve du bon et du moins bon, et quelques rares fois, du « exceptionnel ». J’avais déjà avalé leur dernier album Tragic Care jusqu’à la quasi indigestion, et il aura donc fallu attendre que l’eau de Montréal se gâte pour pouvoir enfin les apprécier en live. C’est dans un Cabaret du Mile End religieusement silencieux où l’écoute attentive permettait d’en apprécier chaque respiration, que Folly and the Hunter a partagé généreusement son dernier opus : un lancement de mille lumières.

En première partie, Aidan Knight donne le « la » de la soirée. On pourrait dire que l’on est en plein dans le son indie-folk version « British Colombia », avec un étonnant duo de trompettistes aux arrangements tout en douceur. C’est vrai qu’à trop voir des cordes poussées un peu partout dans ce style musical, on est agréablement surpris par la richesse et la rondeur des cuivres. Les mélodies coulent de sens, et qu’il soit seul accompagné de sa guitare ou entouré par ses comparses, Aiden Knight réussit à nous transporter dans un monde parallèle et rêveur, dans un ailleurs qui peut être aussi triste qu’il fait du bien.

Arrive enfin Folly and the Hunter, étoffé pour l’occasion d’un violoncelle et d’un violon. On assiste à une jolie chaise musicale entre Laurie Torres et Phil Creamer entre clavier et percussions. Avec essentiellement des titres de Tragic Care, on retrouve l’ambiance de l’album, sa mélancolie, sa sorte de tristesse organique, quelque chose qui nous trouble et qui nous confronte aussi. Avec une véritable bonhomie, Nick Vallee, guitariste, chanteur et également parolier, communique avec le public en toute transparence, même après un petit raté lors d’une des chansons. Mais ce sont justement ces petites imperfections qui rendent si humaine leur musique. Folly and the Hunter a cette capacité de nous élever même bien assis à même le sol. Il y a quelque chose d’une tempête rédemptrice suivi de rayons de soleil, à l’image de leur lumineuse mise en scène. Pour le rappel, on aura eu droit à une très belle et personnelle reprise d’Ariane Moffatt, Hiver Mile End juste pour nous rappeler que c’est l’été qui s’en vient !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire