30 nov. 2012

Plaster au Club Soda

On attendait la suite de First Aid Kit, paru en 2005, comme un cas de traumatismes multiples aux urgences : avec fébrilité et impatience. Let it all out est arrivé avec les nouvelles pousses du printemps et le trio plasterien composé de Jean-Philippe Goncalves (batterie), Alex MacMahon (clavier) et François La plante (basse) faisait sa « rentrée » montréalaise en son et en lumière au Club Soda, le tout mise en scène par Brigitte Poupard. La barre était aussi haute que les décibels qui allaient nous frapper. 

Si Plaster était une forme géométrique, ça serait probablement le carré : avec un son résolument plus rock que jazz, c’est un virage bien négocié que le groupe a emprunté et sans égratignures. Je me sentais parfois au cœur des années 90, au milieu d’un concert de Rage Against the Machine, et je peux vous dire que les machines étaient en maudit et qu’elles criaient à la virgule près. De Booggéré (repris en final avec une chorégraphie tout en béquilles de l’exceptionnel Luca Patuelli « lazylegs »), en passant par Be my woman (avec un étonnant sample de chants de prisonniers enregistrés en 1946 au Mississippi par le musicologue John Lomax) ou P.U.N.K.S. (et son emblématique « Fuck Yeah » qu’on croirait chanté par des cheerleaders), les pièces défilent à la vitesse d'un stroboscope déréglé. Let it all out n’aurait pas pu mieux porter son nom sauf peut être : « lâchez votre fou », car de la folie, ils en ont eu et surtout une bonne grosse dose d’audace. À voir aller les trois gars, on a l’impression d’une certaine simplicité, connexion et complicité… finalement, ils sont peut-être plus triangle que carré…

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