29 nov. 2012

Malajube au Corona

C’était la « sortie » montréalaise de Malajube hier soir au théâtre Corona. Un dernier petit tour avant la pause santé (le rock est aliénant et ça parait). J’ai une affection toute particulière pour ce groupe, comme on aimerait un vieux pull confortable même s’il gratte un peu et que les couleurs sont passées au lavage. Ce n’est jamais la même appréciation au bout de la 173ème écoute du légendaire Montréal -40°, mais ça nous rappelle combien les hits deviennent des classiques pour finir au rang des indémodables. Retour sur une soirée saturée.
En première partie c’est Monogrenade qui a la tâche de dépoussiérer la scène, et le groupe s’en acquitte très bien ! On est dans la même veine que Malajube : peu de grands discours ou d’échanges avec le public, mais une concentration cérébrale sur la musique. Tantale est allé s’exporter en Europe et il paraît que la France aime bien ça ! Mention spéciale pour les filles aux cordes, un trio d’une sensibilité tonique qui soutient les tounes comme on enveloppe du meilleur papier cadeau un beau bijou.
Pour l’occasion, la set list de Malajube avait été confectionnée par un fan… fou furieux qui a cependant fait d’excellents choix, en nous baladant à travers toutes la discographie du groupe sans nous laisser de répit. Deux rappels plus tard, mes tympans étaient rassasiés et fébriles : c’est qu’on ne sort pas totalement indemne d’un tel show. Même assise au balcon, j’avais la bougeotte, et si l’intensité sonore aplatissait un peu trop le son à mon goût (les voix étant très en retrait), finalement on se dit que Malajube est quasi un groupe instrumental, pour qui les paroles métaphoriques ou anecdotiques sont de beaux morceaux de pièces rapportées qui ne nuisent pas à l’ouvrage mais l’enrichissent subtilement (certes !).
Pour conclure de manière fracassante, le bassiste Mathieu Cournoyer a fait don de son instrument brisé à quelques fans du devant de la scène. Dans un geste « rock’n’roll », il a en effet frappé le sol avec sa basse : « so 90’s » et pas nécessaire. J’ai toujours l’âme en coup de poing quand je vois ça, c’est comme si je balançais des billets de 50 sur la scène pendant le show, c’est un peu insultant, une sorte de prostitution perverse. Ouin… je pense que je vieillis moi, je parle comme les matantes !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire