24 nov. 2013

M pour Montréal version Casa del Popolo

Pour ceux qui hiberneraient en ce début de période de températures de grand froid, depuis mercredi et jusqu’à dimanche aux petites heures du matin, se déroulait le très prisé M pour Montréal. Festival destiné en partie (et priorité) aux fameux monde de l’industrie de la musique, certains concerts sont tout de même ouverts au public, pour peu que vous soyez malin pour vous introduire dans les petites salles comme le Divan Orange, l’Escogriffe ou encore la maison de l’indie-tout, j’ai nommé la Casa del Popolo, avec ses murs d’affiches sérigraphiées et ses Zubrowka (avec ou sans glaçons) à petit prix.

On commence par Maica Mia, après avoir raté les excellents Folly and the Hunter. J’avoue avoir été tout de suite soufflée par la voix de la chanteuse, qui nous assenait un son puissant, clair et vibrant bien perché. On est dans la branche du rock/folk sombre et minimaliste, expérimental, frôlant parfois le punk. C’est sobre, sans chichi et très efficace. Le duo et devenu trio avec l’ajout (rien de moins) du bassiste de Godspeed You! Black Emperor, Mauro Pezzente. L’album de Maica Mia sera lancé le 24 janvier 2014 à la Sala Rossa. 
Arrive ensuite Syngia, tout un projet son et projection en fait. Sorte de mélange en Björk et CocoRosie, le groupe propose une pop électro acoustique intéressante : violoncelle, thérémine, échantillonneur sur fond de projections live animées à l’aide d’un bon vieux rétroprojecteur. Proposition atypique, esthétique et planante, on ne peut que se laisser embarquer sur ce bateau un peu boiteux mais charmant, qui devra sans doute approfondir ses marques et se détacher de ses influences pour voguer encore plus libre sur des eaux déchainées.
Enfin, on clôture avec Avec le soleil sortant de sa bouche, composé de musiciens de la scène montréalaise appartenant entre autres aux groupes Fly Pan Am, Pas Chic Chic, Panopticon Eyelids et Red Mass, la masse sonore cyclique de ses gars là a vraiment quelque chose d’hypnotique. Jouant sur des cris primales modifiés, avec pas moins de quatre guitares parfois, la densité du son est contrebalancée par des mélodies sans cesse répétées qui entre en nous progressivement avec des crescendos et des ruptures de rythmes imprévisibles. 
Conclusion de la soirée : de l’audace ! Et ça fait parfois du bien dans un monde où tout fini par se ressembler, de se rendre compte que l’on peut encore tripper dans une petite salle devant des artistes ne s’offrant pas aux compromis, qui, même s’ils restent dans la partie underground, donc immergée du grand Iceberg de la scène locale, n’en sont pas moins pour autant les poissons nourrissant et inspirant de ceux qui prennent l’air au dessus d’eux. Le réchauffement climatique a eu tendance à noyer tout le monde dans les mêmes eaux, mais avec des soirées comme celles-ci, on comprend toute l’importance de se déplacer en concert pour faire perdurer cette dynamique artistique.

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