2 sept. 2013

Joseph Arthur à la Sala Rossa

Qu’on se le dise, Joseph Arthur est en shape aussi bien physiquement que psychologiquement. Il nous revient avec son nouvel album paru il y a peu The Ballad of Boogie Christ, lumineux voire divin. Et oui, je dois l’avouer sous vos yeux, j’ai un pêché mignon (en fait plusieurs) et Joseph Arthur en fait partie. Tout d’abord pour sa musique, toujours classieuse avec des mélodies qui feraient devenir encore plus blanc Michael Stipe, et ensuite pour l’homme (ok les filles, on se calme) et son parcours personnel : faire son premier album dans la maison de Peter Gabriel, ça peut être aussi bien une chance qu’un cadeau empoisonné. Retour sur un des meilleurs shows à date de 2013. 
Oui, je sais, c’est beaucoup d’effet d’annonce que de dire qu’il s’agit de l’un des meilleurs shows à date de cette année, mais c’est aussi vrai parce que la personne qui m’accompagnait compte énormément pour moi, sorte de frère-mentor qui m’a appris énormément de la scène musicale présente ici, c’était lors de mon deuxième show à Montréal que mon ami m’avait trainée au Club Soda, emballé à l’idée que je puisse découvrir cet immense artiste. Donc de façon mémorable, je reste liée à cet artiste, indépendamment de sa musique, mais juste car j’y ai un attachement personnel, comme un vieux parfum qu’on sent à côté de nous et qui nous remémore les plus beaux souvenirs.

Accompagné du batteur « explosif » de Jon Spencer Blues Explosion, Russell Simins, Joseph Arthur alternera tout au long de la soirée entre guitare acoustique et électrique en jouant avec ses pédales loops, véritables marque de fabrique du monsieur. En nous offrant une grande partie de ses titres les plus récents, il ne pouvait passer à côté de son autre passion : la peinture. C’est donc sur une improvisation revisitée de la chanson I miss the Zoo, qu’il a exécuté, micro à la main, une toile « carnivore » mélange de Miró et Kandinsky. Ce soir là, tout le monde a béni les problèmes techniques du moniteur : les accidents font parfois de beaux moments, c’est totalement unpluggled (guitare et voix) qu’il a pu ainsi nous faire partager sa musique, descendant même au milieu de la foule, un moment vibrant et authentique, à la mesure du personnage.

« You gotta keep it positive ! », c’est sur ces belles paroles que la foule reprenait en cœur que le show de Joseph Arthur s’est terminé, dans une version acoustique épique de la célèbre chanson « In the sun », devant la table de merchandising, un bon moyen de vous donner l’envie d’acheter tout mais alors tout (T-shirt, CD, Vinyle, livre ou même tableau) de Joseph Arthur. Ce qu’il faut retenir de ce concert c’est l’unique sincérité qu’il a de partager sa musique, car un show d’Arthur, c’est un comme de voir ce que serait devenu Eliott Smith s’il avait arrêté ses excès et c’était converti. Des artistes qui se bonifient avec l’âge, ça devient rares, parfois certains se perdent dans le regard des autres (à l’image de tous ses téléphones intelligents braqués sur lui pour le final, tellement agaçant de vouloir garder une mauvaise qualité d’image et de son en numérique plutôt qu’un authentique souvenir que les pixels ne seront jamais rendre), d’autres s’écoutent trop parler. Dans le cas de Joseph Arthur, donner pas loin de 2h30 de concert, c’est plus que de la vocation, c’est de la dévotion.

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