17 sept. 2013

Guillaume Arsenault : Oasis Station-Service

C’est dans un Lion d’or sombre, et digne d’un saloon, qu’hier soir était propulsé le dernier album de Guillaume Arsenault Oasis Station-Service, un nom de ravitaillement dont on avait bien besoin pour garnir notre étagère à musique. Découvert pour ma part en avril dernier, j’étais enchantée de replonger dans l’univers si atypique/épique du monsieur : quelque chose de différent aux oreilles et à l’âme, la fraicheur de la nouveauté transportée dans le passé d’un vieux western.
Le premier extrait Je pars au combat en dit long sur cet album : il nous plonge clairement dans un univers à la Ennio Morricone (sans doute l’effet trompette mais pas seulement), comme si toutes armes au poing, il fallait dégainer sa gâchette, mais dans un ralenti artistique où on aurait le temps de prendre tout le poids des mots. C’est une proposition cinématographique dans laquelle nous sommes plongés, pour un peu on se croirait effectivement à cheval en plein désert, à la recherche de cet oasis qui étanchera notre soif. Si cet Oasis est une station service, alors le constat est dur : se réfugier dans le pétrole pour avancer est un peu cynique, quand on préfèrerait la liberté de marcher à pied et juste trouver son bon point d’eau. Mais trêve de métaphore (la poésie des mots est toujours la plus forte quand elle mène l’imaginaire des uns à l’autre bout de celui des autres), ce qu’il faut retenir ici, c’est la sensibilité et l’audace de Guillaume Arsenault, qui va puiser dans des inspirations peu communes de la musique actuelle pour nous proposer avec force et conviction un album qui respire autre chose que le gaz ambiant.

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