5 août 2012

Osheaga du samedi

…Ou comment j’ai constaté que je n’étais plus faite/adaptée pour les grands festivals de plein air. Il y avait longtemps que je n’avais pas fait de gros festival à billet pass tout compris, encerclée par les arbres et les commandites. Osheaga est une entreprise bien rodée qui a pris de l’ampleur et du cash au fur et à mesure de ses éditions, et c’est sans doute tant mieux pour sa large programmation, un peu moins pour la pollution visuelle, environnementale et parfois sonore. Se faire achaler tous les trois mètres pour participer à un concours, tester une nouvelle boisson ou jouer à mesurer sa force, c’est aussi ça Osheaga, et j’imagine que ça fait partie du jeu, que certains poussent jusqu’à attendre 10 minutes en ligne pour une petite canette de coca. Ça ne nous a pas empêché de nous faire une belle petite programmation et une exfoliation intense des pieds.

On commence avec la formation franco-finnoise, The Dø. J’avais soudain oublié combien j’aimais ce groupe ! Olivia Merilahti ensorcelle facilement la première foule de curieux cuisant sous un soleil de plomb. Leur son indi-pop envoutant passe tout seul et une demi-heure plus tard, on n’a plus qu’à se rajouter un peu de crème solaire en ce disant qu’on a bien commencé la journée. 

Du côté de la scène des arbres, on retrouve le finaliste des Francouvertes 2011, Karim Ouellet. J’ai toujours pensé que cet artiste faisait un bien fou à la scène québécoise en proposant un autre son, un funk-raggae-rock joyeux/triste, des paroles à la fine plume et une certaine simplicité de contact avec le public. On attend avec impatience la suite de Plume à l’automne.

Toujours à l’ombre des arbres, c’est au tour de Kandle Osborne (fille de Neil Osborne). La jeune chanteuse de 21 ans ne manque pas d’aplomb en concert. Avec sa jolie voix fluette, elle représente l’essence même de l’indie-rock montréalais, ville qu’elle a adoptée il y a peu de temps. Son EP est un petit bijou.

On passe à la scène « verte » et ses magnifiques panneaux solaires, mais toujours autant d’irresponsables qui lâchent leur verre de plastique vide à même le sol, (on s’en fout, y’a un dude payé 10$ de l’heure qui les ramasse). Cursive donne une prestation full rock, qui rappelle mon adolescence. Les fans agitent les bras aux premiers rangs, le groupe enchaine toune après toune en terminant par une explosion de guitares. Pour ceux qui en redemandent, le soir même, ils jouaient en show « secret » à la Sala Rossa.

Belle découverte que The Ravonettes. J’avoue avoir totalement ignoré l’existence de ce duo danois (ah, ce que les pays nordiques peuvent produire de bon), créé il y a une dizaine d’années déjà. On est toujours dans la frange du rock indépendant, paroles obscures, guitares riffées et grosse basse. Leur prochain album Observator devrait sortir en septembre.

On achève le show de Dumas. Figure emblématique de la chanson à texte québécoise, cela fait maintenant une dizaine d’années que Dumas est une machine à produire des tounes que les gentilles madames reprennent en cœur à ses concerts. S’il avait fait nuit, pour sûr, les briquets se seraient allumés d’un coup. J’avoue, j’avoue, je bois rarement de ce thé là, mais cela demeure toujours plaisant à l’oreille.

Garbage. Garbage ! J’ai vraiment une affection pour ce groupe. Sans doute un truc émotionnel qui me rappelle mes années ados post-grunge. Puis quand même, Buth Vig, le monsieur Nevermind de Nirvana, ça impressionne un peu derrière ses vitres de plexiglass à tambouriner comme un fou. Shirley Manson a beau avoir 45 ans, elle est toujours aussi sexy et envoutante. Puis, elle sourit, s’exprime en français, remercie (beaucoup). Tout ceci ajoute un soupçon de sympathie à la performance. N’étant pas avare sur les vieux tubes, le son toujours constant d’électro-pop-rock de Garbage est efficace, même si sans grande nouveauté.

On termine par la belle Feist, qui s’est vu remettre le plus beau des cadeaux sur scène : un palmier qui a réussi, à travers la foule, à se hisser jusqu’à elle. Avec un trio de choristes d’une justesse au millimètre, la notion de vocal prend encore et toujours le devant dans les arrangements de Feist. Et c’est ce que l’on apprécie aussi, que la voix soit considérée comme un véritable instrument. Le format festival n’est peut-être pas le meilleur pour Fiest, mais reste que la bonne humeur et la belle énergie de la demoiselle ainsi que les versions revisitées de ses grands « classiques » (tels que Mushaboom) nous ravissent en tout point.

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