23 mai 2012

Le Québec en deuil, les bulles aussi – Acte 2 : ANNIE

Il y a des chansons qu’on dit d’amour, de belles chansons qui font trembler la voix, vaciller la tête, brouiller la vue. Ces chansons nous touchent car leurs mélodies nous empoignent durement et leurs paroles nous achèvent doucement. Quand Fanny Bloom a écrit la pièce Annie, sur son album Apprentie Guerrière, elle l’a fait pour rendre hommage au personnage de What Dreams May Come. Et pourtant, en l’écoutant ce matin, elle aurait pu l'écrire ce sombre vendredi 18 mai, pour (dé)crier la mort d’une certaine liberté d’expression. C’est donc avec une tout autre résonnance que je vous invite à écouter et entendre cette chanson : la beauté des paroles est ainsi faite qu’on peut les interpréter différemment selon son propre contexte, intime ou collectif.



Annie
Paroles : Fanny Bloom
Musique : Fanny Bloom et Étienne Dupuis-Cloutier
Et la mer, je m’en fous
Et le soleil qui brille, je m’en fous
Et les étoiles qui veillent, je m’en fous
Le matin qui se lève, je m’en fous
Je me fous de tout
Parce que tu es mort hier
Parce que tu es mot hier

Je ferai ce qu’il faudra si c’est pour te sauver
Et même s’il fallait que je m’en aille, je m’en irais

Et la maison, je m’en fous
Et la vaisselle surtout, je m’en fous
Et quelqu’un qui m’appelle, je m’en fous
Et quelqu’un qui m’appelle, je m’en fous
Je me fous de tout
Parce que tu es mort hier
Parce que tu es mot hier

Je ferai ce qu’il faudra si c’est pour te sauver
Et même s’il fallait que je m’en aille, je m’en irais

Et ce matin l’enterrement
Évidemment, il va pleuvoir
Et c’est dur de ne pas te voir
Et c’est dur de ne pas te voir
Et ce soir je m’éreinte
À te rejoindre

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