30 août 2015

Monogrenade au Ritz P.D.B

Des aurevoirs ou des adieux, personne le sait (encore), toujours est-il qu'hier soir au Bar Le Ritz P.D.B, c'était le dernier concert de la tournée de l'album Composite de Monogrenade, un deuxième opus qui aura pas mal voyagé et évolué sur scène depuis sa sortie en février 2014. Un moment d'émotion, de puissance, de pudeur et de paroxysme.

Penser que ma première chronique sur le groupe date du 9 mai 2010, et se souvenir de ces belles choses qu'on disait au creux de l'oreille en espérant qu'elles seraient répétées, amplifiées et se décalqueraient à l'infini avec toujours un seul objectif : surprendre. Depuis le 1er EP, Monogrenade a vu son parcours se dessiner avec grâce, volupté et un soupçon de lenteur nécessaire à la maturité d'un grand groupe. Au détour des deux albums qui ont suivi (Tantale puis Composite), Monogrenade s'est emparé d'un style électro-pop-rock mâtiné de cordes comme on prend à bras le corps sa destiné. Avec toujours plus de surprises, de détours osés, et une poésie des mots bien personnelle, choisie avec subtilité et transparence, assez pour rester mystérieuse, ambiguë, dérangeante et attachante à la fois. 

Hier soir, le groupe n'a pas démérité pour son dernier concert (avant une pause, dixit le discret guitariste chanteur Jean-Michel Pigeon), car comme beaucoup d'histoires d'amour, il faut s'en doute parfois se séparer et prendre des chemins non empruntés pour savoir s'il sera temps de se retrouver après, une fois le tourbillon envolé. C'est donc avec une certaine émotion que Monogrenade a fait un sans faute hier soir, bonne élève appliqué devant un public attentif pour un moment de grâce électrisant, une harmonie tempétueuse, une tension des émotions sur le fil de rasoir, oscillant en permanence entre finesse et torpeur. Ils avaient bien trouvé leur nom, une seule munition suffit pour atteindre en plein cœur l'auditeur : la grenade a explosé et les retombées perdureront pour longtemps encore. 

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