15 août 2011

Tantale, Monogrenade


Mieux vaut tard que jamais… On connaît bien cette expression du retardataire qui essaie de se disculper devant la faute accomplie. Et non, nous n’avons pas toujours les pendules à l’heure, le sablier en face des trous et encore moins de montre au poignet, et il nous arrive parfois de laisser filer de belles occasions de parler bon son. Tantale de Monogrenade pourrait être dans sa définition primaire un objet sonore organique aux mécanismes poétiques bien huilés. C’est qu’ici on entre dans une autre dimension, celle de la réalité incertaine et des rêves retrouvés.

Chaque matin, il me faut environ une demi-heure pour me rendre à mon bureau. Chaque matin, je visse les écouteurs de mon mp3 sur mes oreilles pour partir ailleurs que dans le métro ou les trottoirs bousculés, histoire de rendre ces 30 minutes agréables et oniriques, plutôt qu’agressives et déconstruites. Parfois, je me dis : trop monde, c’est ma bataille de trop. Alors, quand l’autre matin, ravie, j’ai sélectionné « menu », « artiste », « Monogrenade », « album », « Tantale », je peux vous dire que mon trajet n’aura jamais été aussi beau.

Le faites-vous, partir dans vos rêves, quand vous marchez et que vous écoutez de la musique ? Moi tout le temps, et c’est comme ça que dans un contexte détaché mais connecté, j’apprécie le mieux la musique. Si j’ai réussi à me rendre à bon port sans accident mais en ayant aucun idée du temps ni de l’espace qui se sont écoulés, c’est gagné. Avec 12 morceaux emballés dans du papier bonbon,Tantale réussit par bien des aspects à vous transporter physiquement et chimiquement. Ce n’est sans doute pas pour rien que le premier extrait de l’album s’appelle M’en Aller.

Monogrenade a comme un son particulier : un soyeux mélange de pop, électro, rock, une touche délicate et rugueuse en plus. À travers les différentes couches sonores, on s’aperçoit de la vivacité des arrangements, mais on sent que même dépouillées, les compositions garderaient de ce charme qui fait qu’on retient facilement leur mélodie en tête. Avec une voix chuchotante, on part dans l’hypnotique des mots, d’une très belle poésie qui nourrit la musique allègrement. Mention spéciale au morceau Tantale, la chimie la mieux doser de l’album qui décrit les yeux fermés mais les oreilles bien ouvertes toute l’essence de Monogrenade.

http://www.monogrenade.com/
Prochain concert : samedi 27 août à 18h, sur le toit d’Ubisoft.

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