28 août 2011

Le toit d’Ubisoft

Montréal, samedi 27 août, ça sent la fin de l’été. La température et la lumière sont parfaites, on est jamais mieux que plus près de ciel pour assister à un concert. Sur l’initiative du label Bonsound, une série de concerts sur le toit d’Ubisolf a été organisée pour mieux transiter de la fin de l’été vers l’automne, cette saison mélancolique et légère qui annonce encore une rentrée et un prochain hiver. Les deux groupes présents hier soir étaient tout à fait dans cet état d’esprit : Snailhouse et Monogrenade ont habillé les nuages de leur musique. C’était juste parfait, sublime et inspirant.

Je ne suis jamais allée sur le toit d’Ubisoft, mais rien que pour ma pause dîner, je pourrais travailler là, bien que la torture de m’enfermer ensuite dans de la brique face à un écran d’ordinateur n’en serait que plus grande. Je m’attendais à me retrouver sur un bout de toit, entassée devant une minuscule scène. Oh surprise, on se serait cru sur la terrasse d’un bar à prélasse (comprenez un bar lounge), petites tables chromées, huîtres et champagne versus sandwich au porc et bière… fais ton choix !
Deuxième surprise, on commence à l’heure, au rythme des cloches de six coups, Snailhouse commence sa première chanson. Le soleil ne ment pas, et surtout n’attend pas les retardataires, habitués à des heures plus tardives pour venir écouter de l’indie-rock. Oui, le mot est lancé, on a bien à faire à un son typiquement anglo-montréalais avec Snailhouse, mais la simple étiquette indie-rock serait un peu trop collante et étroite pour lui. Allant du blues, au rock en passant par le folk, le duo enchaine dans la simplicité et la bonhomie ses pièces, véritables petits bijoux taillés dans le vif et d’une sensibilité à vous faire dresser les poils de bras en une seconde. Mike Feuerstack impressionne par la clarté de sa voix qui en extérieur prend une nouvelle dimension.
Troisième surprise, la version semi-branchée (unplugged) de Monogrenade. Accompagné d’un duo de cordes, en complément de la violoncelliste, membre à part entière du groupe, Monogrenade propose des arrangements sensiblement différents mais sensibles quand même. Si le côté électro et grosse distorsion de guitare est laissé à l’abri de la tempête, l’énergie et la subtilité des pièces se fait ressentir jusque dans la moelle épinière. Dans une atmosphère détendue (malgré la présence intense d’un caméraman juste sous leur nez), Monogrenade enchaine ses chansons pour finir sans rappel, car le stock est épuisé !
Je suis restée un long moment à profiter de la terrasse, pour voir le soleil se noyer dans la ville et ces trainées dans le ciel percé de lumière. Ça n’a pas de prix (enfin si, 22$ tout inclus). Et je me rappelle pourquoi Montréal est dans mes veines : la lumière y est si différente ici qu’elle donne un éclairage singulier sur la culture qu’elle fait naître.
Prochain concert, samedi 24 septembre : Peter Peter et Random Recipe 
http://www.bonsound.com/surletoit/
www.snailhousemusic.com 
www.monogrenade.com

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