6 mai 2009

Si t’es d’or…tu aimes te perdre dans Chinatown

Préambule
J’ai dans ma tête une image : la cours du Lycée Victor Hugo, à Poitiers, et un petit gars qui gratte sa guitare, assis sur un banc, sous les arbres, en attendant le cours de musique. Dans mon souvenir, c’était sa première guitare… le petit gars à fait du chemin, même si c’est facile pour moi de dire aujourd’hui : je le savais, Julien allait devenir Fargo et trouver sa voie(x)...



Cœur de l’action
C’était un chrono-concert : le 5/5 à 5h55, 5 chansons avec une jolie introduction, en forme de conte-réalité, et une belle conclusion en forme d’ovation adorée. Et dans cet espace temps, j’ai frôlé comprendre ce que le concept pop-rock signifiait pour Chinatown : Propulsion Orbitale Poétique… Explication tout en définition (accrochez-vous !).

Propulsion : « principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la...) fournie par le milieu extérieur ou par un moteur (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par...) ».
Là, si vous étiez présent au concert de mardi soir, vous auriez senti la mouvance des petits corps déchaînés des demoiselles du premier rang. Finalement cette propulsion vous emmène très loin où vous n’avait pas forcément envie d’aller…mais c’est confortable donc vous vous laissez embarquer.

Orbitale : « fonction mathématique représentant l'onde stationnaire associée à un électron en interaction avec les autres particules constituant l'atome ou l'entité moléculaire considérés, et qui détermine la région de l'espace correspondant à une probabilité de présence donnée de cet électron et à son niveau d'énergie ».
Je suis d’accord, ça complexifie un peu la donne, mais vous comprenez, Chinatown est orbital, sans trop bien savoir qui est électron et les particules d’atome, mais ce qui est sûr, c’est que les tounes tournent sur elles-mêmes et sont vraiment satellitées.

Poétique : là, je me permets de citer le poète mexicain Octavio Paz (meilleure des définitions que j’ai pu trouver) : « la création poétique est d'abord une violence faite au langage. Son premier acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs connexions et à leurs emplois habituels ».
Forcément à l’écoute des paroles, on comprend la violence faite aux mots avec un tel bonheur qu’on apprécie être voyeur-masochiste de ces textes là. Comme disait John Fante : « pour écrire, il faut aimer, et pour aimer il faut comprendre », je pense que les paroliers ont absolument tout compris et sont certainement très amoureux.

Autour de l'action
La pop n’est pas franchement ma tasse de thé, ce qui pour Chinatown est un peu un comble. Au-delà de ce jeu de mots facile, je trouve fascinant d’avaler trois fois la même boisson en y goûtant à chaque fois des saveurs différentes. C’est comme si on sentait que chacun des membres du groupe était sur la corde raide de ce qu’il leur est possible d’accepter musicalement, tant on sent des influences différentes derrières chacun d’eux, mais qu’au final, le résultat de cette tension était jouissif pour eux et surtout pour l’auditoire.


Epilogue
Je n’ai aucun idée d’où vient la mystérieuse cité d’or de Chinatown, mais l’image du rêve et le raccord avec la réalité ne me paraît pas si loin, surtout quand on observe la magnifique pochette de l’album, que j’ai acheté avec plaisir. Mais je n’ai pas succombée à la séance de dédicaces… j’aurais dû, car ces signatures valent autant que la couleur de l’album : de l’or.

Image : pochette de l'album par Jensy White

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