14 août 2013

Cargo Culte : Les temps modernes

A-t-on le droit d’être en retard parfois ? Parmi le flot incessant de ce qui arrive dans ma boite courriel, je n’ai jamais assez de temps pour tout écouter, ce qui m’amène à un régime en deux temps : brûler les calories instantanément (écouter entre 1 à 3 minutes un toune et se dire qu’on en a assez de la junkfood), ou faire un entrainement de fond (écouter tout l’album, tripper et se dire que le moment venu on la fera la chronique, style marathonien). Et le moment de la chronique de Cargo Culte arrive enfin, avec leurs temps modernes sortis fin avril dernier.

Cargo Culte est la réunion accidentelle (ou pas, l’histoire nous le dira) de trois musiciens bien connus du microcosme montréalais : Éric Brousseau alias Seba (Gatineau), Alex McMahon (Plaster, Yann Perreau, Alex Nevsky) et Jean-François Lemieux (Jean Leloup, Daniel Bélanger). Sur le papier, on peut se demander ce que ces trois univers là peuvent bien avoir à faire ensemble, mais dans les oreilles on comprend mieux. Sous la plume acide et cynique d’Éric Brousseau, on retrouve une musique dynamitée, (o)rageuse, qui nous rappelle la bonne vieille époque des années 90, entre Beastie Boys et Rage Against The Machine, celle où la couleur de mes cheveux frôlait le orange citrouille. Un électro-rap-o-rock qui donne aussi bien l’envie de pogoter que de se plonger dans la mitraille de paroles parlant d’un quotidien de débâcle, de débauche et surtout de prises de conscience. On ne peut s’empêcher de penser à Gatineau (qui aurait avalé un Plaster de travers), mais exit les comparaisons, si ce premier album est plus cargo que culte, on l’appréciera certainement en live, ou en cas de rage intestine, quand l’envie de crier nous prend et que l’oreiller est trop loin pour en étouffer le son.

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