17 janv. 2013

EP Dommage que tu sois pris

Imaginez-vous à dos d’âne dans le désert mexicain, la bouche déshydratée, le bassin un peu trop remué, le soleil vous claquant la face et tout d’un coup, sur ces terres arides, au beau milieu de nulle part, une petite flaque d’eau au contour maladroit dans laquelle vous pouvez voir votre reflet. Bienvenue dans l’univers dodelinant d’Avec pas d’casque, le seul groupe qui vous fait voir des mirages en plein désert, et qui quand on s’y approche de trop près, finissent par devenir réalité. Ceci n’est pas un EP... c'est bien plus !
La pochette du dernier EP d’Avec pas d’casque, Dommage que tu sois pris (sorti le 5 février) n’aurait pu être plus inspirante. C’est que les sept titres proposés moins d’un an après l’impeccable Astronomie, font réagir nos esprits de façon troublante. Avec une certaine désinvolture et une évidence toute ironique, les paroles de Stéphane Lafleur font encore mouche, comme des dictons à imprégner dans un dictionnaire de l’évidence au quotidien : « Dommage que tu sois pris, j’embrasse mieux que je parle », « J’avance armé comme un couteau à beurre, sans dents sans conséquence, je suis une arme blanche pâle », « Mon dos n’est pas une chaise, pourquoi tu t’assois dessus, de tout ton poids et de tout ton malaise, à crier comme un perdu », « Même la pire des viandes devient supportable, une fois roulée dans la chapelure ».
C’est par cette poésie rafraichissante et légèrement teintée de gris que la musique suit son fils conducteur. Produit par Éric Villeneuve (Bernard Adamus), le folk-blues-country labellisé Avec pas d’casque a quelque chose de lancinant, nous marquant d’une petite cicatrice au final fort agréable qu’on se plait à ne pas trop soigner. On reste en terrain connu et on apprécie l’aisance avec laquelle on entre dans ce EP sans vraiment en ressortir, une petite voix intérieure continuant de jouer les ritournelles musicales pour le restant de la journée.

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