11 févr. 2012

Rafale : Klô Pelgag, Géraldine et VioleTT Pi

Les maisons de la culture de Montréal proposent à l’année longue des concerts gratuits ou pour trois fois rien. Certaines sont plus strictes que d’autres : sur le Plateau, tu arrives à l’heure, tu ne bois pas et tu finis tôt, dans Hochelaga, tu viens avec ta bonne demi-heure de retard, tu bois de la bière plastique et tu peux lancer des balles de tennis. Chacun sa paroisse. 

Klô Pelgag, sur le Platô
Huit musiciens, des accessoires, du thé, du chocolat 70%, une pelle plus tard on se retrouve en fin de concert avec des nouveautés dans les oreilles. Assister à un concert de Klô, c’est un peu comme aller à la brocante, on ne sait pas quel objet inusité on va ramener, mais c’est sûr qu’on ne repartira pas son panier vide. S’il y a beaucoup d’humour dans les paroles, on rit parfois jaune orangé car derrière des petites phrases anodines alambiquées, un grand fond de cynisme et de réalité déborde, comme on tranche la vie. Tantôt seule au piano, tantôt full-band, et même parfois absente dans l’ombre pour laisser des parties instrumentales  recycler l’air, c’est un set dense et parfois cafouilleux auquel on assiste. Mais parce qu’on aime les tâtonnements, on embarque toujours dans cet univers digne des films de Tati.  
www.klopelgag.com

Géraldine, dans Hochelaga
Dans une salle à peine réchauffée, pas facile de tenter un hold-up cagoulé. D’emblée, on sent le show concept. Dans ce cas de figures (qui nous sont ici cachées), le fil est mince entre le grand n’importe quoi et le grand n’importe quoi qui importe. D’abord étonnée, puis amusée (difficile de garder son sérieux face aux rennes de cerf du batteur s'agitant à tout va), au bout de quelques tounes, je me suis retrouvée embarquée, je ne sais pas vers quelle destination, mais certainement pas la même que celle du couple de quinquas qui voyait leur bouteille de rouge tourner au vinaigre à chaque montée néo-punk du quatuor. Finalement, il faut bien l’avouer, j’étais jalouse de ne pas pouvoir hurler sur scène derrière une cagoule orange. Avec sa musique noisy qui clanche, on se dit que la poésie minimaliste tiendrait dans un phrase tout simple : « Lance le sapin à Géraldine». Libre interprétation.

VioleTTpi, dans Hochelaga et dans les cœurs de mars, qui prouvent que de l’eau existe là-bas
Je vous ai déjà parlé il y a peu de VioleTT Pi, celui qui fait qu’on est tous un peu fou. Et là, oh grâce, il a une nouvelle claviériste… Klô Pelgag tenniswoman  en chaussures de ski. Ceci étant dit, il fait partie de ces musiciens à l’attitude, registre décalé, blagues incomprises et incontrôlable, qu’on s'attend à se voir rouler sur scène en hurlant. Derrière cette façade aux briques bien montées, il est toujours intéressant d’y voir les fissures. Ceux qui disent que VioleTT Pi fait de l’électrotrash et parle toujours de la couleur de ses cheveux se trompent. Ceci n’est que la partie émergée d’un grand iceberg qui dans ses eaux glacés plongent dans une sensibilité crue et lacérée servie par des paroles à la poésie inventive. Pas étonnant qu’il pousse sa voix dans les aigües, il aurait tord de ne pas monter ses mots tout là-haut.
www.violettpi.com

Conclusion des trois concerts : mieux vaut avoir un humour décalé qu’une face de gars qui a raté son suicide, ton public te comprendra beaucoup mieux.

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