16 févr. 2012

Other Lives à la Sala Rossa

2012 commence fort. À peine deux petits mois sont passés et je sais que j’ai déjà assisté à l'un des plus beaux concerts de mon année, celui que s’il n’y en avait qu’un seul, ce serait lui. Celui que si ma mémoire pouvait en garder chaque seconde intacte comme sur un vieil enregistreur à cassette, ce serait lui. Celui que si j’étais en amour, je tairais pour être sûr de ne pas gâcher mon bonheur. Il faisait chaud, le concert a commencé à l’heure et mon rendez-vous lacrymal aussi.

J’avais déjà entendu Other Lives sans les entendre. On se demande comment cela reste encore possible. Mais, telle une résurrection, la grande messe de mercredi soir m'a rappelé que parfois on écoute sans entendre. C'est qu'il y a quelque chose de sacré dans ce groupe, quelque chose de cérémonial. Dans le rôle du porteur de bonnes paroles, Jesse Tabish a le look idéal. Accompagné de ses musiciens multi-instrumentistes, il a une attitude de gourou doux.

Le génie d’Other Lives est sans doute la surprenante utilisation d’instruments comme le violon, le vibraphone ou la trompette de manière pas toujours habituelle (on aime ça justement casser les habitudes d’arrangements trop faciles). Prenez la trompette, au lieu de nous poser un solo de cuivre un peu trop convenu, elle vient de sa sonorité si spéciale frotter les compositions, donner du relief et de la sensualité. Et l’on se sent transporté dans un univers à chaque toune ou l’art de composer des mélodies qui nous sont familières dés la première écoute, comme si la nostalgie d’un petit je ne sais quoi d’un ailleurs pas si lointain nous revenait. Vous savez, comme quand on croit revivre exactement le même moment, un sentiment de déjà-vu étrange et excitant.

Reste qu’il faisait très chaud hier soir, que mon corps était assez fatigué au point de ne presque plus tenir debout si bien que je ne me suis même pas rendue compte que je bougeais toute seule, sans contrôle, comme un pantin suspendu aux notes, et que dans mes yeux, la vague salée sortait lentement : elle venait du fond de mes tripes, elle avait remonté doucement jusqu’à mon cœur, puis finalement m’avait brouillé la vue en frissons du grand Nord. Les musiciens sont des magiciens, leurs tours nous volent nos plus belles minutes pour faire des pierres de souvenirs sonores qu’on entasse. Petit caillou au fond de la chaussure, tu nous piques le pied, mais finalement tu nous fais sentir vivant.


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