7 nov. 2014

Lancement du CCF : Klô Pelgag et invités

Hier soir, le Club Soda bouillonnait de monde alors que c'était le lancement du Coup de cœur francophone, festival cher à mes oreilles et à ma langue, avec un spectacle unique de Klô Pelgag. C'est qu'il s'en est écoulé du temps depuis son premier concert à l'Escalier, ou la colonne vertébrale de son projet était déjà bien taillée dans l'os. Quelques couches de peau plus tard, elle enchante avec des pièces comme "Le dermatologue" ou "Comme des rames". Une artiste qui ne retient que le mot "con" à compromis, et qui n'a pour vision que ses rêves. Quand la tempête sous le crane de Klô Pelgag tonne, ça donne ça....

En première partie on trouve le groupe Glenda Gould. Mais qui se cache derrière ce nom mystérieux ? Ce n'est autre que Mathieu Pelgag (frère de Klô, appelé aussi merlin l'arrangeur) et Sylvain Gabatine (responsable et coupable de la réalisation de "L'alchimie des Monstres"). Le duo (mais est-ce vraiment un duo, l'un étant l'extension de l'autre) propose une version toute personnelle de Bach, Ravel ou Stravinsky, ou l'électro et les machines happent le côté organique des séquences de clavecin. Du bonbon pour les oreilles. Et pour illustrer le tout, Serge Brideau (acteur/auteur/chanteur des Hôtesses d'Hilaire), nous mange un plat de spaghetti dans la face, de manière détachée.


Puis le rideau s'ouvre sur un décor digne des comédies musicales (mais après-tout avec son verbiage coloré entre chaque chanson, peut-être en était-ce une) : inspiré du film muet "Le cabinet du Docteur Caligari" de Robert Wiene, entre tôles ondulées, poteaux électriques, centrifugeuse à fruits et chandelier de bananes, les musiciens vêtus de costumes (empruntés à Radio-Canada ?) à consonance religieuse semblent comme des icônes béatifiés par leur instrument. Klô arrive dans un "one-piece" à poil blanc, veste rouge et haut de forme, le "freak show" peut commencer. Et là, miracle, la foule connait les paroles par cœur ! Une vraie chorale personnalisée, comme elle s'amuse à le dire. Car derrière la dentelle de ses paroles, se cachent des sens plus crochetés et sombres, enveloppé dans des arrangements sur mesure, qui donne au tout un côté fantaisie onirique. Car on rêve à plus d'une reprise lors de ce spectacle. La magie de Klô Pelgag a encore grimpé une marche supplémentaire dans le panthéon de la folie, celle qu'on apprécie et qui nous contamine joyeusement.

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