9 juil. 2012

Anachronisme du jour : David Giguère

Je le sais, je suis complètement «  hors champs » de parler de David Giguère. Ça fait des mois que je lis ce nom là partout, son album Hissez Haut est sorti en janvier sous de bonnes étoiles (étiquette Audiogram, co-production d’Ariane Moffatt, réalisation de Pilou), mais bizarrement, je le connaissais sans le connaître. J’avais bien entendu au loin l’Atelier, et quelques bribes de paroles jetées là, mais mon inconscient refusait de me plonger dans ses eaux troubles. Alors vendredi, j’ai un peu coulé.
http://www.david-giguere.com
C’est dans l’atmosphère toute particulière de la Plaza St-Hubert (haut lieux des robes satinées cheap, des souliers sans garantis, des bric à brac tout broc et des cossins éternels), sur une petite scène en hauteur, dans un coin de rue, entre circulation lasse et public parsemé, que David Giguère se tenait. Puis, ce n’était pas facile : le son était comme englouti par la rue, le public distrait et pas conquis d’avance, malgré quelques amis venus soutenir cette expérience atypique du concert de rue parachuté. Et malgré ça, je suis là et au delà, avec ces mélodies aux notes de piano glissantes, cette voix grave aux teintes françaises, ses montées de montagnes en puissances tranquilles, ses voix de filles en harmonies douces et inquiétantes, puis tous ces mots qui se perdent en poésie. Avec une sorte de fragilité dans la voix, David Giguère est une simplicité désarmante. Il me fait penser à Gainsbourg qui aurait changé son Whisky contre un vin blanc sucré. Il y a de la désinvolture et du tragique dans ses paroles, des sortes de vérités intimes toutes discrètes, qui font l’effet d’un tsunami en dedans. Pas forcément tout de suite, par forcément maintenant, mais à retardement…

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