25 févr. 2009

Junky

Certains moments plus que d’autres, on a le goût de lire. C’est aussi une question de temps, me direz-vous, quoique, je n’en suis plus si sûre, car le temps, on en trouve toujours quelques miettes restées dans un coin d’une pendule, quand on veut vraiment le prendre. J’ai donc mes phases de boulimie, suivi de quelques phases de diète.






Il y a pour moi différentes façons de lire : dévorer ou savourer. Si je dévore un livre, vous l’aurez compris, il n’en reste plus rien en quelques jours et la digestion peut se faire plus ou moins facilement. Par contre, si je savoure un livre, je peux devenir une véritable addict : je prends le temps de le sentir et il traîne un peu partout avant que je ne décide de commencer sa lecture. Une fois les premières pages avalées, je le laisse dans mon sac, dans un tiroir de ma chambre, il n’est jamais très loin de moi, comme un petit paquet de bonbons qu’on a sur soi en cas de crise. Note importante : je peux savourer un livre que j’avais déjà dévoré auparavant, et c’est encore meilleur !

Mon dernier achat de livre a été mon premier sur Montréal. J’ai facilement passé une heure dans la librairie, et encore, c’est parque le magasin fermait à 17h (ah monde cruel québécois, pourquoi fermes-tu si tôt tes magasins en début de semaine). J’ai été attirée par un bandeau orange vif placé sur un livre de poche : CULTE ! Un livre qui vous dit qu’il est culte, c’est un peu indécent, mais par défi, on a tout de même l’envie de vérifier. Junky de William Burroughs est définitivement culte. Ce livre ne peut pas ne pas être culte. C’est sociologiquement et historiquement prouvé : toute personne trouverait un intérêt à ce livre. Ça n’est pas tellement le style (oui, je lis la version française, on est au Québec et, oh my God, je ne suis pas encore bilingual) mais plus les faits qui me marquent. Le quotidien d’un junky, qui a pleinement conscience de sa condition et qui continue, pages après pages à l’entretenir comme si c’était son unique but dans la vie : survivre pour ne pas être en manque et se droguer parce qu’on manque de quelque chose d’autre pour se remplir la vie.
Il me reste encore une soixantaine de pages à savourer, une fois terminé, c’est sûr, je serais moi aussi en manque…

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