1 févr. 2010

Les Francouvertes 2010 c’est reparti !

Et oui, l’édition des Francouvertes 2010 est lancée. Mais c’est quoi exactement les Francouvertes ? C’est une star ac’en moins quétaine et sans les caméras. Il s’agit d’un concours de groupes québécois « alternatifs et francophones ». Le principe est simple : tous les lundis du 8 février au 22 mars, trois groupes performent sur scène et en public dans la salle cosy du Lion d'Or. A l’issue du show, on vote ! Oui, nous le public, mais aussi le jury composé de professionnels du milieu de la musique. Et en plus, c’est un peu comme les Miss France, le vote du public compte pour moitié ! L’espace d’une soirée, on devient « critique musicale » et on s’en met plein les oreilles !

Cette année, une sélection aux petits oignons de 21 groupes originaux est sur le devant de la scène. Comme l’an passé, vous allez avoir la primeur de "live report" pour tous les groupes en mots et en image. Stéphanie Toselli reprend son appareil pour nous proposer LA photo qui l’a faite vibrer pour chacun des groupes et je vous raconterai comment mon cœur a tressailli ou mes dents ont grincé.

29 janv. 2010

L’orchestre d’Hommes orchestre

Grande nouvelle en ce début d’année 2010, les bonnes résolutions « écolo DD » foisonnent : sauvons la planète, développons durablement, prenons soin de notre terre, vivons en harmonie avec notre prochain... Ça vous dit quelque chose ? Oui, je sais, les bonnes résolutions se recyclent aussi, c’est plus écologique. Et celles-là, ça doit bien faire 10 ans qu’on essaie de les laver plus blanc que blanc.

Hier soir, j’ai assisté au premier spectacle que je pourrais qualifier de « recyclé et durable ». J’étais à la maison de la culture de Frontenac, pour assister à un show déjanté intitulé : L’orchestre d’hommes Orchestre. On a tous dans la tête la vision d’un homme avec grosse caisse sur le dos, guitare, harmonica qui braille en gesticulant et étonne plus par son côté spectaculaire que par la qualité de sa prestation. Oubliez cette image, je vous le dis, ici il y avait plusieurs hommes : deux jolies filles ressemblant à des moineaux posés sur une branche et quatre garçons sortis tout droit d’un western spaghetti.

21 janv. 2010

Hipsters vs Bobos, même combat ?

Quand je suis arrivée à Montréal, il y a de cela un an maintenant, l’un des premiers mots curieux qui est venu me chatouiller l’oreille était : hipster. J’ai mis un certain temps à comprendre qu’il s’agissait du jeune gars cute qui s’habillait chez American Apparel en essayant de paraître plus moche qu’il ne l’était (en même temps avec du American Apparel, ça n’est pas très difficile), était étudiant en cinéma, faisait partie du band « one night, I stand my life » plus connu sous le nom de ONISMYL, portait des lunettes géantes en plastique noir comme celles du cinéma 3D, avait oublié son sourire chez le dépanneur, faisait le dj au Salon Officiel, avait un vieux Hasselblad en bandoulière, et surtout, connaissait un gars qui connaissait un gars qui était dans Arcade Fire ! C’est très stéréotypé comme portrait, mais malheureusement, on arrive parfois mieux à définir les choses par leurs extrêmes.

En écho à l’article de Sébastien Diaz paru sur son blog le 20 janvier (oui, je sais ça fait très hipster cette phrase-là), je me suis souvent retournée la tête sur l’imagerie du hipster, qui, il faut bien le dire, sonne un peu comme une insulte dans la bouche de certains. Je ne peux m’empêcher d’en faire une comparaison « française » des bobos parisiens. Amis montréalais, connaissez-vous le concept de bobo, ou bourgeois bohème ? Tout comme les hipsters, le concept est né au début des années 2000, mais n’a pas vraiment disparu du paysage parisien d’aujourd’hui. Et oui, les bobos sont à Paris ceux que les hipsters sont à Montréal : des personnes évoluant souvent dans les milieux artistiques, s’habillant chez Comptoirs des Cotonniers ou Zadig et Voltaire, en essayant de paraître bohème et sans le sou, étudiant au cours Florent, poussant la chansonnette guitare/voir/texte morne (« je bois mon café au lait le matin, et je me sens comme la vitrine de mon gardien » ne cherchez pas, ça n’a de signification que pour le-dit gardien), ne portant pas de lunettes, ayant oublié leur sourire chez Monop’ (dépanneur de grand luxe), possédant un reflex numérique autour du cou, et surtout, connaissant un gars qui connaissait un gars qui avait été guitariste pour Vincent Delerme…

20 janv. 2010

Francis d'Octobre à l'Excentris

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de voir un bébé à quelques mois commencer à marcher de manière hésitante, essayer de trouver son équilibre précaire… et de le revoir un an plus tard courir, s’essouffler, et même jouer les équilibristes.




Et bien c’est un peu de cette manière que j’ai appréhendé Francis d’Octobre. Croisé sur le chemin des Francouvertes 2009, arrivé finaliste, il n’était encore que l’embryon ce qui allait devenir, quelques mois de gestation plus tard, un grand enfant qui a lâché prise.

Francis d’Octobre est un musicien accompli (je vous conseille d’aller lire sa bio sur son site, je ne suis pas la meilleure en reformulation de vie). Ça veut dire quoi, c’est quoi le concept de « musicien accompli ». On dirait une fausse expression comme « album de la maturité ». Musicien accompli, ça veut dire qu’il y en a eu du chemin, que parfois les fougères recouvraient les traces à suivre, que les cailloux écorchaient les genoux, que la poussière piquait les yeux, que le soleil éblouissait l’horizon, mais que le garçon continuait sa route, en amassant des signes, un peu comme les trèfles, carreaux, piques et cœurs qui fondent l’imagerie de l’album.

Ma bête fragile, c’est toute l’ambivalence de la musique et des paroles de Francis d’Octobre. Un album qui s’écoute comme on entend le vent, comme une habitude : brise puis bourrasque, vent léger dans la tempête. Un album personnel et en même temps universel et accessible. Et je suis heureuse de découvrir le nouvel habillage de petits bijoux déjà entendus par le passé : cuivre chaleureux, voix féminine cristalline, clavier électro-tonique.

Curieuse et impatiente, je suis allée l’écouter lors du lancement de l’album, le 19 janvier à l’Excentris de Montréal. Je l’avais laissé un peu effacé au Club Soda, à la finale des Francouvertes, où j’écrivais ceci : « difficile de prendre possession des choses qui nous échappent comme l’air qu’on respire entre soi et un public. Moi j’y retrouve toujours des moments de magie, de rêveries, et des arrangements un peu plus rock pour l’occasion qui laissent présager un bel automne multicolore ». Après le bluff, le coup de poker : vraiment, vraiment, vraiment (comme du mot vrai, issu de vérité) très belle main. Des morceaux qui nous surprennent, c’est du rock personnel qui pop. Mention spéciale pour avoir réussi à glisser une flûte à bec sans paraître quétaine !!!

Je lui donne un pont, pas très solide mais sincère, pour porter sa poésie et son jeu de l’autre côté de l’Atlantique, pour montrer que derrière des Ariane Moffatt, des Cœur de pirates, il existe un autre exil, un joueur de cartes qui a la chance du trèfle, une musique qui pique, la rigueur et la maîtrise d’un carreau et l’âme du cœur.


http://www.myspace.com/francisdoctobre