10 févr. 2009

All is full of love...


22h22, je claque la porte du Plessis, c’est une bonne heure pour sortir sur Montréal. Et me voilà partie à remonter le boulevard Saint-Laurent pour trouver le Blizzarts, un bar (au prince) charmant où nous avons eu droit au plus bel échantillon de slows inter-universels / inter-générationnels…




All is full of love, cela aurait pu être le titre de cette expo photos. Ce qui me plaît dans
ce décorum, c’est qu’il n’y a aucune continuité des formats : noir et blanc, couleur, grand, petit, ce qui donne un charme à l’ensemble. Love, c’est le fil ténu de ces photos et l’on sent dans chaque pièce un soin du détail qui au final rend la photo naturelle : où comment le photographe capte d’un coup d’œil la demi-seconde qui fera la différence entre l’instant qui passe et l’instant immortalisé. Il n’est de bon photographe que de personne qui aime les autres, et bien celui-ci avait sans doute beaucoup d’amour à donner.

Mention spéciale : le rappel à Doisneau, et son baiser de l’hôtel de ville. Les photographes humanistes québécois ont de l’avenir !

Blizzarts : 3956A, boulevard Saint-Laurent
Expo photos de Toby Andris Cayouette

7 févr. 2009

Tant va la cruche à l’eau… qu’à la fin c’est une soirée classe !

Encore une soirée qui se perd dans les rues de Montréal. Vous trouverez au détour de vos pas beaucoup d’insolite : pour notre soirée, ce fût une cruche et un québécois plein d’humour.





Dans notre quête de réussir à faire tous les bars à vin de Montréal avant la fin de l’hiver, nous nous retrouvons Elodie et moi au BU, sur Saint Laurent. Et très bien accompagnées puisque Jean-Claude et Monique, les adorables et heureux parents d’Elodie sont là. Nous choisissons la découverte de trois vins à l’aveugle : très difficile de deviner, même après avoir séjourné quelques temps à Bordeaux, mon palais n’est pas assez fin pour détecter les subtilités d’un bon vin. Le trio était formé d’un vin italien, puis canadien (notre préféré) et enfin français… Y-aurait-il un rapport dans l’ordre de cette suite et la réputation des amants de ces pays… la question reste à étudier.

Mais la première surprise vient de notre sortie du BU, où sur un poteau d’une banalité déconcertante, Jean-Claude trouve une cruche d’une classe déconcertante. On trouve de tout sur les trottoirs montréalais, entre la neige, le sel et les petits cailloux, des objets poussent de nulle part, comme des bouteilles à la mer lâchées vers une destinée improbable. Cette cruche passera une partie de sa vie quelque part dans la maison du bonheur, avant peut-être de reprendre le chemin de la rue pour une autre demeure.

Nous errons à la recherche d’un restaurant et à l’angle d’une rue, le Brésil nous appelle pour calmer notre froid et caler notre faim. Le Senzala a des accents espagnols et portugais, un décor chaleureux avec des étagères dignes d’une brocante : pour un peu notre cruche se serait bien installée ici.


Fin de soirée, sur un quai de métro, un québécois nous raconte une blague : « il faisait –20° l’autre jour, -30° avec le vent et… -40° contre le vent »…c’est l’humour québécois : une petite phrase, des variations et un rire chaleureux.

4 févr. 2009

Plessis, si, si !


Et voilà, j’ai changé de quartier, d’ambiance, de neige, d’espace, de particules de poussières. Je me suis imprégnée des rues environnantes, pour sentir un peu ce quartier que l’on nomme Village…ça n’en a pas l’apparence, ni la transparence mais on sent un côté chaud/froid, vanille/chocolat, jour/nuit qui s’oppose et en même temps est complémentaire.





L’appart est comme une palette de peintre, chaque espace à sa couleur : ma chambre est verte pomme avec son mur de briques rugueuses. Le couloir est orange vif, un bleu tendre et tonique dans le séjour, un jaune pâquerette dans la cuisine, un rouge bordeaux dans la salle de bain.






Petit inventaire du Plessis : deux colocs d’exception (Pat et Seb), un fauteuil de sky rouge, un panneau de stationnement de Montréal, un vieux miroir customisé (merci Lolo), une chaise d’écolier, un drapeau du Québec, un calendrier des Canadiens, une télé défouloir (il faut la frapper bien fort pour avoir l’image), un cadre avec un dessin d’un artiste inconnu, 15 barils de lessives (notre buanderie ressemble à un rayon de chez Jean Coutu, les bières vides à ramener chez le dépanneur en plus), les horaires de passage des poubelles, 7 paquets de céréales différentes, 76 produits de beauté (notre salle de bain ressemble également à un rayon de chez Jean Coutu, en fait, on est sponsorisé par JC), des plafonniers années 20 magnifiques, des bouchons de bière bien cachés, une propriétaire en or (merci Diane de réparer nos portes défoncées), de la musique déchaînée (Seb), de la pop pop (Pat), un canapé d’un couleur inexistante sur le panel de coloris de chez Leroy Merlin, deux pc vs un mac, une guitare, un parapluie écossais abandonné et des rires… Et le plaisir d’être ici rue Plessis !

1 févr. 2009

Merci

Vient le temps des au revoirs à la maison du bonheur. Je pars vers une autre maison du bonheur, ma deuxième ici sur Montréal. J’ai le cœur un peu gros de quitter cet espace qui a vu naître beaucoup de mes espoirs, un premier mois si vite passé, aussi rapide que la neige a garni le sentier.






Merci à Elodie avec qui j’ai partagé une chambre, un dentifrice, une soixantaine de fou rire, des Boréale rousses, des conversations inter-galactiques, de l’encens, du sens, du chocolat, de la confiture de bleuet et du nutella, 37 « c’est plate », la compréhension de nos visions pré-définies par nos expériences et notre ressenti, un frigo bruyant, une playlist mémorable des 90’, des pas dans la neige, des dîners légumeux ou grasseux, 47 mails haletants, son petit Nicolas, des sorties joyeuses… une vie d’un mois.

Merci à Stephen avec qui j’ai partagé un piano, des conversations mega inter-galactiques et surdimensionnelles relatives à l’émotionnel emprisonné dans son esprit, des pâtes à la crème, des gin tonics, sa prise jack, des rires en coin, des paroles pour ses tounes, de la compréhension d’un haussement de cil, des fredonnements de musique explosée, des fautes de français, un mercredi soir au patati patata, des échanges anglissisants, des films barrés… une vie d’un mois.

Merci à Luc avec qui j’ai partagé des émissions de « comment ça marche » et la série CA, des expressions québécoises insoupçonnées, des matchs de hockey où les Canadiens perdaient, un spectacle de Dave Saint-Pierre à Vanves ( !), la recette cachée du bloody merry, des bouts de canapés avachis, le montage d’une porte d’entrée, Véro au petit déjeuner, des conversations pragmatiques sur la drague, ses plantes vertes, le bleu électrique de la salle de bain… une vie d’un mois.

Merci aussi à Véro, avec qui j’ai partagé un soufflet au fromage noyé dans du café sur Mont-Royal, des échanges goûteux, du magasinage pour l’achat d’un manteau rouge (bon choix), des repas succulents, des éclats de rire tordant, Luc au petit déjeuner, sa vision de Montréal, des « ostie que c’est plate », une party de folie jusqu’au petit jour, un cuisine où il sent bon…une vie d’un mois.

La rue Drolet m’aura portée beaucoup de chance(ux).