25 oct. 2016

Antoine Corriveau : troisième album

Quand tu sais que le nom d’un album ne va pas loger dans l’espace réservé à son titre dans billet de blogue, c’est déjà qu’il y a quelque chose de pertinent là-dedans, et certainement de hors normes. Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter, d’Antoine Corriveau, a un nom digne d’un film d’Audiard, et une espérance de vie plus longue qu’une génération. Si à chaque nouvel opus, Corriveau nous fait toujours plus frémir les tympans, on est en droit de se dire que ceci ne résisteront plus et finiront en lambeau de beau dans la prochaine décennie.

On est en octobre, et il aura fallu attendre toutes ces saisons pour enfin avoir droit à son album de l’année, la cuvée 2016, celle des avions qui perdent la boussole, s’effarouchant dans les forêts humides. Et pouvoir dire avec distinction, un trémolo dans la voix : c’est mon album de l’année. Parce que les arrangements de cordes, parce que les cuivres, parce que les mélodies trop honnêtes pour être à tue-tête, parce que les mots, tordus, enfilés en perles, crachés ou dit tout bas, ces phrases qui résonnent comme des empreintes dont on ne distingue pas la couleur. Entrer dans un album de Corriveau, c’est courir la chance d’aimer finalement les chapeaux noirs à bord large et pompons. Ces choses qui posées à terre ont l’air familières et un tantinet hors d’âge, mais qui, une fois dressées sur la tête font toute la différence. Car il en faut sous le chapeau pour enfanter de sa musique. Alors oui, c’est parfois triste, mélancolique, plus gris que rose, mais qu’est-ce que ça fait du bien à l’âme. Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter c’est plus qu’un cœur qui bat, c’est le bruit régulier du métronome qui marque le tempo, nous emporte dans un vent nouveau, entre tourbillon et brise légère. 

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