25 oct. 2011

Amon Tobin au Métropolis : la dynamique des rubicubes

Unique chronique de ce mois d’octobre, on ne fait pas les choses à moitié, on respire, on s’extasie et on essaie de descendre de son nuage. Amon Tobin au Métropolis, ou le show le plus extra-sensoriel de l’année. Vivre un spectacle comme celui-là c’est comme voyager à l’intérieur du vaisseau de Star Wars et se retrouver dans la cinquième galaxie. La foule à guichet fermé l’avait bien compris : on se concentre, on se frotte les yeux, on astique ses oreilles et on se dit : mais comment est-ce possible ?

Qu’on s’entende, je ne suis pas la plus grosse fan de musique électro du monde, j’ai une ouverture sur le style mais je n’écouterais pas du drum’n’bass à tous les matins en beurrant mes tartines. D’un certain côté, je pensais que ce type de musique était moins poétique, manquait de mots, et avait parfois du mal à me tenir en haleine, bref, à la longue je décrochais. Et bien je me trompais (un peu). Hier soir, j’ai pris une grosse claque, de celle qui laisse de belles marques, autant d’un point de vue visuel que sonore.
Imaginez en face de vous une structure faite de cubes emboités sur laquelle sont projetées des images hallucinantes et vous donne l’impression au final d’être un des petits cubes, de bouger, de vous éclairer, de disparaître en fumée, tout ça en rythme avec une musique qui est proche de vous faire vomir tellement les oreilles vous chatouillent et les basses vous brassent. Écrit comme ça on pourrait penser se trouver en enfer (ce qui n’est pas loin d’être le cas), sauf que c’est tout le contraire. À un moment donné vous n’êtes plus vous-même, debout avec tous les symptômes de fatigue de concert (bouche sèche, pied et jambes momifiés, début de torticolis car vous êtes minuscule), vous êtes transporté quelque part où votre cerveau vous joue des tours et vous planez sans avoir pris la moindre substance illicite.
Atteindre ce nirvana a tout de même un prix, excepté celui du billet qui est relativement raisonnable comparé au coût de recherche et développement en image qui a dû être mis pour ce spectacle, présenté en avant première au Mutek. En effet, il a fallu faire preuve de patience et de (in)compréhension face à tous ses téléphones intelligents levés au ciel pour capter des images. Quelque chose que je n’ai jamais compris, vivre sa vie en permanence à travers un écran pour filmer un truc que tu ne regarderas qu’une fois dans ta vie mais au moins dire à tout le monde que tu y étais et heureusement tes amis facebook et twitter vont pouvoir t’aider dans cet exercice pour augmenter ta notoriété virtuelle…. Tellement « cool » de poster une vidéo toute scrap d’un concert d’Amon Tobin ! Moi je le sais que j’y étais, et même si ma mémoire vive défaillit au fil des ans, il est certain que la substance qu’il me restera de ce show sera bien plus intense que 2 minutes et 53 secondes d'une vidéo qui tremble.
À tous ceux qui auraient un doute ou hésiteraient avant de se plonger dans un show d’Amon Tobin, je vous conseille d’y aller, pas les yeux fermés, mais bien ouverts.

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