19 sept. 2011

Le café Lézard : tu chantes quoi ?

On oublie parfois d’aller plus loin que le bout de son quartier ! Je ne vais pas souvent sur la promenade Masson, ce que je regrette car j’ai de bons amis dans ce coin là. Addict des transports en commun et de la marche à pieds, même s’il faut un peu jongler avec les horaires de bus, de Jean Talon, ça n’est pas si loin. Puis on y trouve des petits cafés sympas, comme le Café Lézard, qui agrémenté d’un vieux piano, offre son devant de scène à de jeunes artistes musiciens en devenir, en construction, en marche, en (des)illusions, enthousiastes, qui peuvent ainsi proposer leurs compositions à un public un peu plus large que leur cercle habituel.

L’autre soir, j’arrive donc au café Lézard, sur Masson, pour venir écouter l'ami d’une amie. C’est qu’ils sont nombreux les musiciens / auteurs / compositeurs à Montréal, pas tous originaires de là d’ailleurs, mais qui poussent comme les fleurs au printemps et parfois tombent comme les feuilles à l’automne. Est-ce une particularité culturelle, une effervescence organique, mon contexte sociale, mais j’ai souvent cette impression que le monde autour de moi est fait pour vibrer sur scène. Et la compétition est rude, car ce sont des gens de talent, extrêmement bons musiciens, qui ont le goût du partage, avec souvent une attitude et des idées bien claires.

Alors comment sortir du lot et devenir le prochain Bernard Adamus, Cœur de Pirate ou Pierre Lapointe ? Je n’ai pas la réponse, sinon j’aurais déjà ma propre maison de disques. Les goûts et les couleurs peuvent se discuter et de disputer longtemps, toujours est-il que mon constat de ces derniers temps est que côté francophonie, les thématiques poétiques sont souvent redondantes (l’amour, le malheur, la mort, le sexe… les même thèmes que chez les Romantiques finalement). Si les jours cicatriciels de Fred Labrie faisaient référence à un contexte social et politique complexe, pas sûr que ça intéresse grand monde. Par contre, le relier à une peine d’amour, on s’accroche à la sensibilité individuelle, à l’intime et tout de suite on se sent touché.

C’est là toute la skyzophrénie du monde : se sentir les nerfs à fleur de peau dans un concert parce qu’on à la sensibilité d’un hérisson sous la pluie, juste parce que ce qui sort de là se rapproche de notre petit « nous » intérieur, et finalement se plaindre que peu d’auteurs/compositeurs utilisent un contexte plus large (la corruption, la politique, les droits des personnes, l’environnement…) dans leur chanson. Moi la première, dans mes chroniques, je tente de transformer en mots mes sensations éphémères captées dans un coin sombre d’une salle de concert, juste pour dire « écoutez comme c’est beau, comme ça me parle et donc comme ça doit vous parler ». C'est parce que parler de moi, parler de moi et parler de moi, ça ne fera jamais parler de nous ensemble.

Vous avez raté au café Lézard, samedi dernier :http://www.myspace.com/fredlabrieband
http://www.myspace.com/valerielevesque

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