10 juil. 2011

U2 , sur une autre planète

Oui, oui, je l’avoue, moi aussi comme 160 000 personnes ce week-end, je suis allée fouler le sol de l’hippodrome de Montréal pour aller voir U2. C’est un petit pécher mignon que je n’ose pas dire, parce d’habitude, je me retrouve plus dans des petites places comme le Divan Orange ou l’Esco, qu’au Centre Bell ou dans des gros shows de plein air. Mais voilà, on a beau chérir son petit café accueillant au coin de sa rue qui vous sert un fabuleux « latté », il nous arrive parfois de faire un détour par le Tim Hortons ! Il faut dire que le paquet avait été mis, et qu’à moins de vous être endormi ses trois dernières semaines, tout le monde était au courant que U2 débarquait en ville. Après Kate et William, c’était un autre cirque qui arrivait, en même temps à Montréal, on a l’habitude.


Tout d’abord, comme je n’écris que sur ce que j’aime (j’appelle ça l’efficacité/productivité plaisir), et bien oui, j’ai aimé ce concert, j’étais même limite euphorique à la fin, après de fortes poussées d’adrénaline et des frissons sur tout le corps, la larme à l’œil. Je ne suis pas une grande fan de U2, on s’entend qu’il est rare que je me dise : oh, j’écouterai bien un bon petit U2 en faisant le ménage ! Mais, en fille adolescente dans les années 90, il y a un répertoire classique de U2 qui me parle, me rappelle certains moments précis de ma vie. Ça n’est pas de la nostalgie à proprement parler, juste comme une odeur d’antan qu’on aime respirer à nouveau. Et puis il y a quelque chose qu’on oublie trop vite : la voix de Bono. Impeccable, sans fausses notes, puissante, un timbre à faire rougir le drapeau québécois, bref, un des meilleurs chanteurs vivants actuellement. Oui, peut-être que je m’emballe…

Si j’avoue ne rien connaître des derniers albums parus exceptés quelques hits radiophoniques, U2 a fait preuve aussi d’efficacité/productivité plaisir depuis le début de sa carrière. C’est toujours la même bonne recette avec un dosage des ingrédients différents. Si vous aimez le gâteau au chocolat, qu’il soit plus chocolaté, ou avec du caramel sur le dessus, vous aimerez tout autant. C’est pourquoi vivre l’expérience d’un concert avec un grand groupe, c’est quasi inévitable. Bon, il y a le risque de vous retrouver coincés sur le  parterre avec des gens pas super fins, alcoolisés et disons lourds, mais abstraction faite d’une promiscuité un peu pesante, hier soir, on en a prix pour notre argent.

Car quand on voit l’espèce de station spatiale géante (le vert et l’orange n’ont jamais été mes couleurs préférées) avec un système de vidéo en 360°, on s’aperçoit qu’au-delà de la musique, le spectacle tout entier est une prouesse technique. Avec un budget qui pourrait rayer la dette de certains pays d’Afrique (oui, facile, quand on connait la teneur des propos de Bono, bon samaritain multimillionnaire, dont la voix en tant que personnage public  à amener certaines avancées pour les droits de la personne), difficile de décevoir. De là toute la skyzophrénie d’assister à un tel concert. On a beau avoir des idées louables, et utiliser sa notoriété pour le faire, je reste un peu déstabiliser par le coût des billets (mais pas grave, dans sa grandeur d’âme, U2 diffusait gratuitement le concert sur leur site internet, pour que tout ceux qui n’avaient pas la chance où les moyens d’y assister puissent quand même voir ça). Cela dit, même si la tournée 360° doit avoir l’empreinte écologique de 10 usines de voitures, au moins elle génère de l’emploi et des retombées économiques dans les villes ou elle passe.

À noter un effort fait pour notre belle langue française. En effet, si Bono s’est exprimé en français par moment (lui, contrairement à Air, il a compris qu’on était au Québec !), dés qu’il parlait en anglais, un interprète (à mon avis dyslexique ou avec de gros doigts sur le clavier) retranscrivait en sous-titre ses propos. Vous refaire le concert en vous donnant la playlist, en vous expliquant le principe de la scène, en vous racontant les moments forts, à ce stade-ci ne sert plus à rien. Tout doit être sur le web avec 13 357 points de vue différents grâce / à cause des téléphones intelligents. Et oui, la magie du moment est désormais accessible via la lucarne de YouTube ou autre Vimeo. Cela dit, la magie de mon moment est quelque part dans ma mémoire, glissée entre deux neurones qui se réactiveront certainement la  prochaine fois que j’entendrais : «I can't believe the news today, oh, I can't close my eyes, and make it go away ».

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