2 août 2010

Osheaga

Osheaga, et ces quelques 53 000 festivaliers venus brasser la terre grise du l'île du Parc Jean Drapeau ! Deux jours de pure folie musicale à peu près pour tous les goûts. Mes oreilles ont été mal menées, écartelées en tout sens et tout son et mon cerveau en garde des mélodies imprimées dans un coin de mes neurones qui ressortent encore comme des éclairs de bonheur de temps à autre. Ondes électrochoques, quand le courant passe, c'est du haut voltage qui se brise dans ma tête.



Jour 1

La scéne verte, quelle bonne idée ! Des panneaux solaires pour alimenter en partie le son, génial ! Dommage que les festivaliers n'aient pas la même conscience écologique et croient que le sol qu'ils foulent n'est finalement qu'une vaste poubelle. Pourquoi s'embêter à aller jusqu'aux nombreux bacs de recyclage quand je peux lâcher à mes pieds mon verre en plastique (et le coup de la bière moins chère quand on vient se ravitailler avec le même verre, vous y avez pensé les gars ?). Donc une scéne verte, mais pas rose... Disons que le son a fait des siennes sur les deux jours, sur la scène des Arbres également, sans doute une question de branches. Il y a ceux que ça ne dérange pas comme Skip the Use, qui vociférant en franglais, et sautant à s'en décrocher les pieds, se fiche pas mal du larsen mal placé et il y a ceux pour qui cela coince. Owen Pallett, petit génie du violon, en a fait les frais, et le public aussi, puisque c'est sur une dernière frustration qu'il nous laissa en plan : son de merde, gros melon, compote de l'auditoire ! Parmi mes coups de coeur de la journée, les jolies demoiselles de Little Scream, accompagnées à la batterie par Richard Parry himself, Bahamas et son déhanché coordonnné cou/fesses, Beach House, chevelu et fidèle à leur album. Enfin le meilleur pour la fin, je vous le donne en 1 000 : Arcade Fire. Vous faites une synthèse de toutes les coupures presse, vous ajoutez les impressions de votre voisin, votre dépanneur et la moitié de la ville qui était présente ce soir-là et vous avez disons 2% seulement de l'intensité du show. Un concert d'Arcade Fire, ça ne se raconte pas, ça ne se décrit pas, c'est juste une expérience que l'on doit vivre au moins une fois dans sa vie comme d'aller à confesse dans une église anglicane un dimanche à l'aube du jour.

Jour 2
Et un peu plus de chaleur pour la même dose de poussière, coups de soleil à entretenir et patience pour les toilettes à apprivoiser ! Ca commence doucement mais sûrement avec la rousse Hannah Georgas, et ensuite arrêt obligatoire devant la belle Ariane Moffatt, qui suit son fil et qui offre un show dynamique, souriant et... québécois ! Dieu que ça fait du bien d'entendre chanter en français ! Il faut croire que c'était la journée de la femme, car j'ai enchaîné avec la jazzy Amanda Mabro, voix extraordinaire pour demoiselle pétillante. Le soleil cogne, la chaleur monte et on sent comme une envie de sieste pas sage entre les arbustes à la vue de The Cat Empire. Plage, créme glacée et solaire, paréo et cuivres sur le côté, on pile sur les beaux mecs à la voix fine, sourire en coin en chantant : un band pas dépressif ou en colère, en fin d'après-midi, ça fait du bonheur en barre pour supporter la suite... Snoop Dogg, ben Snoop Dog quoi. Ce qui me fait penser à ces déesses se balandant dans en t-shirt moulant et petit short, qui proposaient des shooters (douteux) à 4$. Note aux commanditaires : les filles boivent aussi, surtout quand ce sont des hommes en t-shirt moulant et petit short qui proposent ladite boisson. Donc, oui, une femme moitié nue dans une verre à martini, ça emballe le monde, mais c'est le jeu. En même temps, j'avoue m'être bien amusée quand même. Enfin arrivent les vétérans de Sonic Youth, des associables par nature, psychopathes du son de guitare distortionné, qui font la part belle à leur dernière album, The Eternal. Journée de la femme, donc, avec Métric et la succulente Emily Haines qui nous en met plein la vue. Et pour achever ce festival, Weezer ! C'est pour moi le band de mon adolescence, aux tounes absurdes qu'on finit par connaître par coeur, des déjantés qui me transportent loin au coeur des années 90. Des survivants qui empillent peut-être un peu trop les disques où les chansons sont quasi jumelles, mais au moins le spectacle est là et ils ne font rien de moins que ce que l'on attend d'eux : "entertaining" !

En conclusion, j'ai fait une légère overdose de musique, comme si c'était difficile d'apprécier un succulent sushis au milieu de plein d'autres sushis... Faut bien un peu de saké pour faire passer tout ça. Mes jambes nouvellement galbées remercient la longue balade nocturne de samedi soir et son petit détour de 8 km pour rentrer chez nous, éviter la foule et s'injecter des lumières de la ville en plein les yeux. Y'a pas que les oreilles qu'il faut contenter !

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