4 juin 2009

Rencontre avec un serial recru-tueur !


Vous est-il arrivé de vous sentir pas du tout à votre place en entretien d’embauche, comme si vous ne sentiez pas les choses, et que le regard même du recruteur vous en disant long sur le fait que ce dernier appréciait plus le côté ressource que humain des RH.






Et bien, c’est ce qu’il m’est arrivé de bon matin aujourd’hui. J’avais un entretien pour un poste de rédacteur pour une entreprise qui gérait plusieurs sites internet. La veille, je commençais à me pencher sur les sites en question : site de réservation hôtelière, site de vente de t-shirts personnalisés et site de stockage de contenu. Rien que ça, ça me minait un peu, car je devrais avoir une approche très marketing et publicitaire dans la rédaction des textes. Mais bon, ouverte à toute proposition qui m’apprendrait jusqu’où je serais prête à aller en matière d’écriture sans frôler et froisser mon éthique, je décidais de m’y rendre.

Ce matin, levée de bonne heure, me viens l’idée de « googliser » mon recruteur et le nom de son entreprise : aïe, la première page m’a attaquée comme une petite pique en plein milieu de mon cœur : un blog avait été créé par les anciens salariés du recru-tueur pour dénoncer ses abus et ses fraudes. Et le monsieur ne faisait visiblement pas dans la finesse. Un second site en rajoutait une tartine (note intéressante pour le lecteur, c’est un site ou les employés québécois évaluent leurs employeurs) : harcèlement, non paiement des heures… rien que ça ! Mais, bien sûr avec le recul qui me caractérise, je décide tout de même d'aller à l’entretien, avec certes un petit a priori négatif sur le personnage. Je me dis que je lui dois le droit de réponse.

Première tentative d’approche à 9h15 (tout pile, je suis extrêmement ponctuelle), j’arrive dans un grand open space/bureau et je demande à parler à mon recru-tueur. Là, un homme (français !!) me répond comme si j’étais un moustique qui bourdonnait sous son nez : « oui, c’est moi, vous pouvez repasser dans 5 minutes ». Mais pas de problème, voyons, si j’avais su j’aurais pris le temps de déguster mon expresso au café d’à côté au lieu de l’avaler en vitesse.

Deuxième tentative, 10 minutes plus tard : l’entretien le plus court de ma vie. Ce gars ne connaissait pas mon nom, n’avait sûrement pas lu mon CV, ne savait pas pour quel poste je venais et me regardait en ce disant que je n’étais vraiment pas à son goût : le recru-tueur était d’une évidence gay à tendance hétérophobe, pour vivre dans le Village, quartier gay de Montréal, j’ai comme une sorte de radar pour ces situations.

Entretien en 2 minutes et 37 secondes :
Première question (après bien sûr m’avoir demandé mon nom et ce que je faisais en face de lui) : vous êtes bilingue anglais/français.
Première réponse : non, c’est écrit sur mon cv, mon anglais est conversationnel.
Deuxième question, ou plutôt révélation : il faut être bilingue, pour le poste, alors au revoir.
Deuxième réponse ou plutôt révélation : si vous l’écriviez sur l’annonce ou lisiez les cv avant les entrevues, ceci éviterait bien des pertes de temps et la sensation désagréable d’être une m… assise sur un canapé de cuire noir qui vaut le double de ce que je pourrais me faire en salaire chez vous en 6 mois.

Chapitre clos, rien à développer, tout est dit, et je m’en vais au Caféo wifisé avec un bon déjeuner et en bonne compagnie. C’était ma révolution de la matinée, et maintenant un peu de douceur s’il vous plaît !

Pour vous faire une idée de ce qui m’attendait

http://www.ratemyemployer.ca/employer/employer.aspx?empID=109&l=fr
http://codency.wordpress.com/category/eric-gautier/

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